ANALYSES

Avis de grand frais sur les relations sino-américaines

Tribune
25 janvier 2010
A Copenhague, le moins que l’on puisse en dire est que les deux puissances n’ont trouvé aucun point de convergence. Depuis, petit à petit, les sujets de friction remontent à la surface et les relations se durcissent à nouveau. Une seule question est relativement récente, celle du remplacement du dollar comme monnaie de référence unique au niveau mondial par un panier de monnaies, où le dollar serait banalisé. Tous les autres griefs sont plus anciens et ils sont surtout liés à l’économie. On parle toujours de protection de la propriété intellectuelle et industrielle, de concurrence déloyale, de fiscalité douanière et surtout de refus de réévaluation du yuan. Restent aussi les problèmes plus politiques, violations des droits de l’homme et manque d’empressement à agir contre les velléités nucléaires iraniennes.

L’administration Obama, après avoir passé une année à jauger Pékin et à mettre les fâcheries sous le boisseau, estime maintenant que la politique de la main tendue n’a rien rapporté et qu’il est désormais temps de faire jouer le rapport de forces. Ceci arrive alors que Google menace de se retirer complètement de Chine pour ne pas se rendre complice de la mainmise policière sur Internet qui est la norme dans le pays. Un certain nombre de mesures ont déjà été prises, douanières principalement, et le sujet des droits de l’homme revient sur le tapis.

Mais, surtout, les Etats-Unis viennent d’annoncer qu’ils allaient libérer des ventes d’armements promises il y a longtemps mais bloquées par l’administration précédente. Ces ventes, missiles Patriot à capacité anti-missiles en particulier, vont renforcer les capacités défensives de Taiwan, mais elles ne vont cependant pas jusqu’à ce qui serait probablement considéré comme inacceptable : la vente de nouveaux avions de chasse F 16. La réaction de Pékin mêle, pour le moment, les classiques imprécations et l’annonce, plus inhabituelle, du premier test d’un système anti-missiles.

Mais la diplomatie chinoise est obligée de garder quelques arguments en réserve car les sujets de discorde sont loin d’être épuisés. En effet, le président Obama doit rencontrer prochainement le Dalaï Lama et le président taiwanais, qui doit effectuer fin janvier une tournée dans les rares pays d’Amérique centrale qui reconnaissent encore Taipei, pourrait être autorisé à faire une brève escale sur le sol américain. Et, pendant ce temps, Madame Clinton peine à établir de bonnes relations avec le nouveau gouvernement japonais.

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